Comment maintenir des fonctions agricoles dans des espaces périurbains soumis simultanément à la pression de l’urbanisation et au risque d’inondation ?
Réalisé dans le cadre du programme de recherche CAFRUA — Challenges of Agriculture adaptation to Flood Risk in Urban Areas, ce travail explore cette question à partir du territoire métropolitain de Montpellier et de ses bassins versants.
Ma contribution porte principalement sur l’analyse territoriale et sa traduction cartographique, puis sur l’exploration spatiale d’un scénario de transformation appliqué au secteur du Fenouillet.
Lire le territoire avant d’intervenir
Le travail commence à l’échelle métropolitaine.
Relief, bassins versants, réseau hydrographique, infrastructures, occupation du sol et urbanisation sont mis en relation afin de comprendre la structure du territoire et la manière dont l’eau le traverse.
Cette première lecture permet de replacer le risque d’inondation dans un système géographique plus large : celui d’une plaine littorale fortement urbanisée, où développement urbain, infrastructures et espaces agricoles occupent souvent les mêmes secteurs de faible altitude.
La cartographie devient ici un véritable outil de diagnostic : elle ne sert pas seulement à localiser les phénomènes, mais à révéler leurs relations.
Mettre en évidence les dynamiques d’urbanisation
Une seconde série de cartes retrace l’évolution de la tache urbaine entre 1970 et 2021.
La progression de l’urbanisation est confrontée au relief, au réseau hydrographique et aux grandes infrastructures de transport afin de mettre en évidence la consommation progressive des espaces ouverts et agricoles de la périphérie montpelliéraine.
Cette lecture diachronique permet de comprendre comment certains secteurs aujourd’hui vulnérables se sont progressivement constitués à l’interface entre urbanisation, agriculture et fonctionnement hydraulique du territoire.
Du diagnostic au scénario
Le secteur du Fenouillet concentre plusieurs de ces problématiques : zone commerciale héritée des décennies précédentes, forte imperméabilisation, exposition au risque d’inondation et position stratégique dans la périphérie métropolitaine.
Plutôt que de chercher à supprimer ou contourner le risque, le projet explore une transformation capable de composer avec l’eau.
Le scénario proposé organise progressivement la reconversion du site vers un paysage hybride associant zones humides, prairie, agriculture productive et nouveaux usages locaux.
L’espace autrefois presque entièrement minéralisé devient ainsi capable de remplir plusieurs fonctions : accueillir temporairement l’eau, maintenir des sols ouverts, produire, créer de nouveaux usages et participer à la transformation écologique du territoire.
Penser la transformation dans le temps
Le projet n’est pas envisagé comme une opération instantanée mais comme une trajectoire.
Un phasage permet de représenter le passage progressif de la zone commerciale existante vers un système territorial plus perméable et productif, en intégrant les transformations du bâti, des sols, de l’agriculture et de la gestion de l’eau.
Cette approche prospective permet de passer du diagnostic cartographique à une stratégie spatiale : comprendre les dynamiques existantes pour déterminer où, comment et dans quel temps le territoire peut évoluer.
