À Curinga, en Calabre, les vestiges d’un complexe thermal romain subsistent dans un territoire situé entre plaine agricole, littoral et reliefs.
Le concours proposait d’imaginer un dispositif capable de protéger le site archéologique et de l’ouvrir à nouveau aux visiteurs.
Notre réponse part d’un principe différent : avant de concevoir un nouvel objet autour de la ruine, comprendre le territoire auquel elle appartient et lui redonner une place dans celui-ci.
Replacer la ruine dans son territoire
Le travail commence par une lecture à grande échelle.
Relief, paysage agricole, littoral, parcours et éléments patrimoniaux sont cartographiés afin de comprendre les relations qui structurent le territoire de Curinga.
Cette analyse fait apparaître les thermes non comme un objet isolé, mais comme l’un des repères d’un paysage plus vaste.
Le projet propose alors de les inscrire dans un parc agricole reliant la mer aux reliefs, où patrimoine, production et parcours participent à une même continuité territoriale.
La cartographie devient ainsi le point de départ de la conception : elle permet de passer d’une intervention centrée sur le monument à une stratégie de mise en relation du site avec son environnement.
Du territoire à la ruine
À l’échelle des thermes, cette stratégie se traduit par une intervention volontairement contenue.
Le Frigidarium devient le point central du dispositif. Une nouvelle structure accompagne la visite, protège les vestiges et crée un point de vue sur le paysage environnant sans chercher à concurrencer la ruine.
L’architecture agit comme un seuil entre plusieurs temporalités : elle rend le site accessible et lisible tout en conservant la présence matérielle du vestige et sa relation au paysage calabrais.
Concevoir à plusieurs échelles
Le projet développe ainsi une même réflexion depuis le grand territoire jusqu’au détail du site archéologique.
Cartographie, plan de masse, croquis et modélisation 3D sont mobilisés successivement pour comprendre le territoire, définir une stratégie puis tester sa traduction spatiale.
Cette démarche illustre une approche qui traverse mon travail : utiliser la lecture géographique pour donner un cadre à la conception, plutôt que de commencer par l’objet architectural.
